Ludovic Tanquerel, docteur vétérinaire, Dipl. ECEIM, DACVIM-LA, Maître de conférences en médecine interne équine, EnvA
Les ulcères gastriques sont particulièrement fréquents chez le cheval, avec une prévalence pouvant atteindre 60 à 80 % chez les chevaux de sport et de course. Le syndrome des ulcères gastriques équins (EGUS) regroupe des atteintes de la muqueuse non glandulaire (ESGD) et glandulaire (EGGD), dont la physiopathologie et la réponse au traitement peuvent différer.
La confirmation diagnostique par gastroscopie reste essentielle afin d’objectiver les lésions, d’en préciser la localisation et d’adapter la stratégie thérapeutique.
À l’heure actuelle, le traitement médical des ulcères gastriques chez le cheval repose sur un nombre limité de molécules (oméprazole et sucralfate). Pour garantir une efficacité optimale, la mise en place du traitement doit être optimisée selon certaines recommandations.
L’oméprazole est un inhibiteur des pompes à protons. Son efficacité est démontrée dans le traitement des ulcères de la muqueuse squameuse, non glandulaire (ESGD), localisée dorsalement à la margo plicatus.
Avec les formes galéniques protégées de l’acidité gastrique par tampon (ex. : Gastrogard®, Pepticure®, etc.), le posologie de traitement recommandé est de 4 mg/kg PO SID pendant 3 semaines.
Avec les formulations gastroprotégées (ex. : Equizol®), la dose thérapeutique efficace recommandée est de 2 mg/kg PO SID pendant 3 semaines.
En cas d’absence d’amélioration des signes cliniques (manque d’état, coliques sourdes, dysorexie voire anorexie, baisse de performances, bruxisme, bâillements), une réévaluation gastroscopique est indiquée.
Pour les deux formes galéniques, une administration à dose préventive (1 mg/kg PO SID) peut être envisagée chez les chevaux sujets aux ulcères gastriques 24 à 48 heures avant une période de stress (transport, compétition, changement d’environnement, d’entraînement ou de cavalier).
Le sucralfate est un complexe d’hydroxyde d’aluminium et de saccharose sulfaté. Il agit en se fixant aux zones ulcérées ionisées, formant une barrière protectrice locale.
Il est indiqué dans le traitement des ulcères de la muqueuse glandulaire (EGGD), toujours en association avec l’oméprazole. Le sucralfate seul n’étant pas efficace dans ce contexte.
En cas d’ulcères glandulaires, le protocole recommandé associe le sucralfate (12 mg/kg PO BID) à l’oméprazole (4 mg/kg PO SID) pendant 4 semaines.
Les taux de guérison étant généralement inférieurs à ceux observés pour les ulcères non glandulaires, une réévaluation gastroscopique est recommandée afin d’évaluer l’évolution des lésions avant d’envisager l’arrêt du traitement.
Plusieurs recommandations pratiques permettent d’améliorer l’efficacité des traitements médicaux.
En cas d’association entre l’oméprazole et le sucralfate, il est recommandé d’administrer l’oméprazole environ 30 minutes avant le sucralfate afin d’optimiser l’efficacité des deux molécules, le sucralfate étant plus efficace en milieu basique.
L’efficacité de l’oméprazole peut être améliorée lorsqu’il est administré le matin, avant la distribution de foin ou de granulés.
Chez les chevaux répondant insuffisamment au traitement, une mise à jeun du cheval la nuit peut améliorer l’absorption de l’oméprazole et renforcer son effet anti-acide, qui compensera l’impact ulcérogène potentiel de l'absence de salive durant la période de jeûne.
L’auteur déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt qui pourrait influencer ou biaiser de manière inappropriée le contenu de l'article.
Mise en ligne le : 19 février 2026
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