Laure Bonati, docteure vétérinaire, consultante en médecine du comportement, titulaire d'un CEAV d’éthologie clinique et appliquée
Les soins vétérinaires sont générateurs d’émotions négatives pour l’animal, d’autant plus si le cheval est blessé, douloureux et qu’il a dû être transporté jusqu’à la clinique pour y être soigné. Face à un évènement désagréable, le cheval va d’abord chercher à fuir. Si la fuite est impossible, parce qu’il est attaché ou contenu, le cheval peut présenter des comportements qui peuvent le rendre dangereux pour l’équipe vétérinaire.
Les émotions négatives, telles que le stress et de la peur, se mélangent souvent au cours de la même séquence comportementale et s’expriment de manière similaire. Elles peuvent être détectées en observant attentivement le cheval.
Le cheval va adopter une posture caractéristique : encolure relevée, corps tendu, oreilles dressées ; il peut hennir, s’agiter ou gratter le sol ; dans les cas les plus sévères, il peut devenir dangereux car ses réactions deviennent trop intenses (refuse d’être touché, recule, se cabre…) ou se montrer agressif (menace de mordre, lève un postérieur, tape…).
Le fait d’immobiliser le cheval, tout en le soumettant à un stimulus inconfortable (soin de plaie, examen dentaire, injection…) va augmenter son stress et donc le risque qu’il présente des comportements dangereux pour les humains autour de lui.
Ce risque est encore plus important si les humains sont confus (propriétaire mal assuré, ASV débutant…) ou si le cheval a déjà eu des expériences désagréables dans un contexte similaire.
En effet, lors des soins vétérinaires comme lors de toutes les interactions avec des humains, le cheval apprend. Un soin réalisé sur un animal stressé ou apeuré risque donc de le sensibiliser : ses réactions ne seront que plus intenses la prochaine fois.
Un cheval difficile, qui s’agite, n’est pas un cheval mal élevé mais un cheval inquiet et/ou douloureux qui cherche simplement à échapper à un stimulus désagréable. Le punir n’a aucun intérêt et risque seulement d’augmenter sa peur du vétérinaire.
Dans un objectif de soins dits « low-stress », l’ASV doit donc s’assurer que l’environnement est confortable pour le cheval (bruits, odeur, luminosité…) et avoir une approche douce et progressive, en le laissant explorer le matériel (stéthoscope), en le touchant gentiment, sans jamais le surprendre.
Avec l’accord du vétérinaire, il est très utile de laisser le cheval manger pendant le soin et d’utiliser des récompenses alimentaires (pour récompenser, détourner l’attention lors du soin et créer des émotions positives).
Tout au long du soin, il est essentiel de continuer à observer le cheval : si son stress augmente, la sédation est toujours préférable, pour le bien-être du cheval, ainsi que pour la sécurité des personnes autour de lui.
L’autrice déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt qui pourrait influencer ou biaiser de manière inappropriée le contenu de l'article.
Mise en ligne le : 29 août 2025.
Mise en ligne le : 29 août 2025.
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