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Virus du Nil occidental chez le cheval : que faut-il savoir ?

Annabelle Orszag, docteur vétérinaire

Longtemps associé au pourtour méditerranéen, le virus du Nil occidental (West Nile virus) circule désormais plus largement en France. Chez le cheval, l’infection est le plus souvent asymptomatique mais elle peut également provoquer une atteinte neurologique grave voire mortelle.  

Ce virus illustre particulièrement bien l’intérêt d’une approche " One Health ", à l’interface entre santé animale, santé humaine et environnement. La découverte d’un cas chez un cheval n’est pas seulement un événement individuel : elle peut constituer un indicateur de circulation locale du virus. Savoir reconnaître les signes évocateurs et sensibiliser les propriétaires de chevaux aux mesures de prévention est donc essentiel. 

Un virus qui circule surtout entre oiseaux et moustiques

Le virus du Nil occidental est un arbovirus de la famille des Flaviviridae. Il circule principalement selon un cycle impliquant les oiseaux et les moustiques, notamment du genre Culex. Les moustiques se contaminent en piquant un oiseau infecté et peuvent ensuite transmettre le virus à d’autres hôtes. 

Le cheval et l’humain sont des hôtes accidentels. Comme leur virémie est généralement insuffisante pour permettre la contamination d’autres individus, on parle de culs-de-sac épidémiologiques. 

La maladie est une zoonose, mais la transmission directe du cheval à l’humain n’est pas décrite. La principale voie de transmission est la piqûre d’un moustique infecté. 

Un virus qui gagne du terrain 

En France, la circulation du virus du Nil occidental est historiquement associée aux zones méditerranéennes, notamment à la Camargue, où elle a été identifiée chez des chevaux, des oiseaux et des humains dès le début des années 2000. Depuis plusieurs années, le virus est détecté dans de nouvelles régions. 

La circulation virale s’étend dorénavant jusqu’à l’Île-de-France, ce qui justifie une vigilance accrue sur l’ensemble du territoire et pas uniquement dans les zones historiquement touchées. 

Le moustique au cœur de la transmission 

Les oiseaux constituent le principal réservoir du virus. Lorsqu’un moustique pique un oiseau infecté, il peut ensuite le transmettre à un autre individu lors d’une piqûre ultérieure. 

Le cheval est infecté à la suite de la piqûre d’un moustique porteur du virus. Le risque est donc étroitement lié à l’activité des moustiques du genre Culex (dont Culex pipiens) et aux conditions environnementales favorables à leur développement, c’est-à-dire principalement en été et à l’automne. 

En revanche, la virémie du cheval est généralement trop faible et trop courte pour permettre à un autre moustique de se contaminer à son tour. Un cheval infecté ne peut donc pas transmettre directement le virus à un congénère ou à l’humain. 

Quand le virus atteint le système nerveux  

La majorité des chevaux infectés restent asymptomatiques, ce qui explique que l’infection passe souvent inaperçue.  

Les formes cliniques associent des signes généraux à des signes neurologiques 

  • Fièvre, abattement, baisse d’appétit 
  • Ataxie, tremblements musculaires, faiblesse généralisée, paralysie partielle, troubles de la vision ou désorientation. 

Dans les formes sévères, le cheval peut présenter une démarche en cercle, une difficulté à déglutir, des convulsions ou évoluer vers le décubitus, le coma et la mort. 

Toute apparition brutale de signes neurologiques chez un cheval pendant la période d’activité des moustiques doit donc attirer l’attention, en particulier dans une zone où la circulation du virus est connue ou suspectée. 

Comment confirmer l’infection 

Les signes neurologiques observés chez un cheval infecté par ce virus ne sont pas spécifiques. Le diagnostic différentiel doit donc prendre en compte les autres causes infectieuses, toxiques, métaboliques ou traumatiques. 

La confirmation repose sur des analyses biologiques, notamment la recherche d’anticorps spécifiques. L’interprétation sérologique doit cependant tenir compte du contexte clinique et épidémiologique ainsi que du statut vaccinal de l’animal. 

Points clés

  1.  Le virus du Nil occidental, transmis par des moustiques, contamine surtout les oiseaux. Chevaux et humains sont des hôtes accidentels considérés comme des impasses épidémiologiques.
  2. 80% des chevaux infectés restent asymptomatiques ou ne présentent que des signes discrets. Les autres développent des formes fébriles ou neurologiques parfois sévères voire fatales.
  3. C’est une maladie vectorielle non contagieuse : un cheval infecté ne transmet pas directement le virus à d’autres chevaux ni à l’humain.
  4. Malgré l’existence de plusieurs vaccins, la prévention repose essentiellement sur la lutte contre les moustiques et la réduction de l’exposition des chevaux, notamment pendant les périodes de forte activité vectorielle.

Pas de traitement mais un vaccin 

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique permettant d’éliminer le virus du Nil occidental. La prise en charge consiste à mettre en place un traitement symptomatique de soutien adapté à la gravité du tableau clinique présenté par le cheval. L’évolution est variable. Certains chevaux récupèrent progressivement, tandis que les formes neurologiques sévères peuvent être fatales. La présence de signes neurologiques justifie donc une prise en charge vétérinaire rapide. 

Plusieurs vaccins contre le virus du Nil occidental sont autorisés en France. Ils ont pour objectif de réduire les signes cliniques et la virémie en cas d’exposition au virus. Le protocole repose sur une primovaccination, généralement en deux injections espacées de quelques semaines, suivie de rappels réguliers.  

La vaccination doit être anticipée afin que le cheval soit protégé avant la période de circulation des moustiques. Le choix des animaux à vacciner et le calendrier sont déterminés par le vétérinaire en fonction du risque épidémiologique, de la zone géographique, du mode de vie et des déplacements du cheval. 

Un cheval vacciné peut quand même être piqué par un moustique. La vaccination constitue un moyen complémentaire de prévention chez le cheval. Elle réduit le risque en cas d’exposition au virus mais elle ne dispense pas des mesures antivectorielles.  

La prévention repose sur la lutte contre les vecteurs  

Pour réduire le risque, surtout pendant les périodes de forte activité vectorielle, plusieurs mesures peuvent être associées :  

  • limiter autant que possible l’exposition aux moustiques aux périodes où leur activité est importante, notamment à l’aube et au crépuscule 
  • favoriser la rentrée des chevaux dans des locaux protégés lorsque cela est possible 
  • utiliser des moyens de protection contre les insectes adaptés aux équidés ; 
  • limiter les zones d’eau stagnante susceptibles de constituer des gîtes larvaires à proximité des chevaux 
  • entretenir les abords des bâtiments et des installations 
  • utiliser, lorsque cela est pertinent, des moustiquaires ou autres dispositifs limitant l’entrée des moustiques. 

Une maladie règlementée 

En France, l’encéphalite West Nile est une maladie animale réglementée chez les équidés : elle fait partie des dangers sanitaires de catégorie 1 mentionnés dans l’article L.201-1 du code rural et de la pêche maritime. Ceci explique pourquoi elle est soumise à des dispositions de surveillance et de lutte sanitaire. Toute suspicion doit donc être portée à la connaissance du vétérinaire, qui détermine les modalités de confirmation diagnostique et les éventuelles démarches à effectuer auprès des autorités sanitaires. 

Déclaration de conflit d'intérêt

L’autrice déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt qui pourrait influencer ou biaiser de manière inappropriée le contenu de l'article. 

Bibliographie

www.woah.org/fr/maladie/fievre-de-west-nile/ 

www.respe.net/maladie-equine/maladies-reglementees/fievre-de-west-nile/ 

Santé publique France. Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 2 septembre 2026. 

Santé publique France. West Nile virus – Données et surveillance. Mise à jour du 2 septembre 2026. 

Mise en ligne le 8 septembre 2026

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