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Dermatite estivale récidivante équine : stratégies de gestion et options thérapeutiques

Dr vet Hélène DROPSY, DipECVD, EBVS European Specialiste in Veterinary Dermatology

La dermatite estivale récidivante des équidés (« DERE » en abrégé, « dermite » dans le langage courant) est une maladie prurigineuse qui compromet le bien-être, l’utilisation et la valeur économique des animaux, laissant souvent les propriétaires démunis. Il existe pourtant des solutions pour prévenir cette affection et réduire les signes cliniques.

Poser un diagnostic

La DERE, dermatite allergique la plus fréquente du cheval en France, est due à une hypersensibilité aux antigènes salivaires d’insectes, particulièrement de Culicoides spp., mais aussi d’autres genres tels que les moustiques, simulies et mouches piqueuses (taons, stomoxes).

Le diagnostic de la DERE repose sur l’observation des signes cliniques (prurit, squamosis, alopécie, épaississement de la peau, croûtes et excoriations) et leur localisation (base de la queue et croupe, crinière, encolure et garrot, plus rarement la tête et les oreilles et la ligne blanche ventrale), ainsi que sur le caractère saisonnier et récidivant de la maladie (du printemps à l’automne).

À ce jour, il n’existe aucun examen complémentaire permettant de confirmer le diagnostic avec certitude.

Éviter les piqûres par les culicoïdes

Les mesures " environnementales " conseillées lors d’une DERE, fondées sur les connaissances actuelles de la biologie des insectes impliqués, doivent être mises en œuvre précocement, à savoir dès le début du printemps :

  • Rentrer les chevaux dans les bâtiments pendant les périodes de forte activité des culicoïdes, qui est maximale au crépuscule (c'est-à-dire entre 19h et 22h). Certains insectes ont également une activité nocturne et matinale (2 à 3 heures après le lever de soleil).

  • Favoriser les courants d’air dans les bâtiments (ventilateurs face aux entrées) pour y rendre difficiles le vol et l’olfaction des culicoïdes.

  • Installer des pièges à insectes à proximité des écuries et des lieux de travail des chevaux.
  • Limiter les zones d’eau stagnante. Pour cela, nettoyer le bac à eau régulièrement et éviter les prés avec des zones humides ou une fumière à proximité.

  • Mettre une couverture moustiquaire intégrale continuellement de mars à novembre ou au minimum pendant les périodes à risque (aube/crépuscule).

  • Appliquer une à deux fois par jour des répulsifs et des insecticides (pyréthrinoïdes) sur les zones préférentielles de piqûres.

Points clés

  1. La DERE est une hypersensibilité allergique aux antigènes salivaires d’insectes, particulièrement de Culicoides spp.
  2. Le DERE s’exprime par un prurit marqué présent de manière saisonnière, du printemps à l’automne, durant toute la vie du cheval.
  3. La DERE nécessite une prise en charge multimodale et précoce visant à éviter les piqûres par les culicoïdes, réduire le prurit et guérir les lésions.


Réduire le prurit et guérir les lésions

Les études sur l’immunothérapie par allergènes recombinants ainsi que les vaccins dirigés contre les interleukine-5 et interleukine-31 semblent prometteuses mais ces médicaments ne sont pas disponibles.

Les traitements de la DERE sont donc actuellement uniquement symptomatiques et privilégient le plus souvent la voie topique (tonte préalable conseillée) :

  • Dermocosmétiques émollients (shampoing, crème, spray, spot-on) le plus souvent possible (minimum une fois par semaine selon le produit utilisé) ;

  • Antiseptiques (et rarement antibiotiques) en cas de surinfection bactérienne ;

  • Dermocorticoïdes (spray d’acéponate d’hydrocortisone) tous les jours initialement puis éventuellement deux fois par semaine en traitement proactif antiinflammatoire.

 

Déclaration de conflit d'intérêt

Je déclare sur l’honneur ne présenter aucun conflit d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique, le laboratoire ou le fabricant qui sponsorise cette fiche clinique.

Bibliographie

  • MARSELLA R., WHITE S., FADOK V., WILSON D., MUELLER R., OUTERBRIDGE C., and ROSENKRANTZ W. (2023) Equine allergic skin diseases: Clinical consensus guidelines of the World Association for Veterinary Dermatology. Vet Dermatol. 2023;34:175–208. https://doi.org/10.1111/vde.13168
  • COX A. and STEWART A.J. (2023). Insect bite hypersensitivity in horses : causes, diagnosis, scoring and new therapies. Animals, 13(15), page 2514.
  • GRANER A., MUELLER R.S., GEISLER J., BOGENSTÄTTER D., WHITE S.J., JONSDOTTIR S. and MARTI E. (2024). Allergen immunotherapy using recombinant Culicoides allergens improves clinical signs of equine insect bite hypersensitivity. Frontiers in Allergy, 5, page 1467245.
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