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Évaluation nutritionnelle : comment l’inclure dans l’examen clinique de chaque patient ?

Lolita Sommaire, docteure vétérinaire, CES de Diététique Canine et Féline, chargée de consultation en nutrition au ChuvA (EnvA)

Cela fait quelques années déjà que la WSAVA[1] a défini l’évaluation nutritionnelle comme 5ème paramètre essentiel (5th vital assessment) avec la température, la fréquence cardiaque, la respiration et l’évaluation de la douleur. En effet, cet examen, à effectuer systématiquement lors de toute consultation, permet au praticien de détecter les signes précoces évocateurs d’une malnutrition.

Pour être complète, l’évaluation nutritionnelle du chien ou du chat s’appuie sur plusieurs items.

  • L’état corporel et le poids optimal : différentes échelles de notation du score corporel existent, en 5 ou 9 points. Cette notation s’appuie sur la palpation, mains bien à plat, des dépôts adipeux, principalement au niveau des côtes et de la colonne vertébrale. Si l’animal est noté 4 ou 5/9, il peut être considéré comme étant à son poids optimal.

  • La masse musculaire : en palpant les muscles temporaux (au-dessus des yeux), en zones scapulaire et lombaire et à l’arrière des cuisses, on peut ainsi voir si elle est normale ou si l’animal présente une amyotrophie légère, modérée ou sévère.

  • La bouche : cet examen rapide permet d’évaluer la dentition, la présence ou non de tartre, de gingivite ou d’autres anormalités comme une halitose.

  • La qualité du poil et de la peau : une alimentation inadaptée peut avoir des répercussions cutanées. L’alimentation doit notamment être examinée (recherche de carence, de déséquilibre ou plus rarement d'allergie) en cas de poil terne, ébouriffé, cassant, gras, de pellicules, de changement de couleur (poil noir qui tourne au rouge/marron), de peau croûteuse, rouge, de prurit ou de sensibilité aux infections.

  • La fonction digestive : en posant des questions au propriétaire sur les selles (fréquence, consistance, couleur, présence de mucus/sang), la présence ou non de flatulences ou de signes évocateurs d’un inconfort gastrique (vomissements, pica, consommation d’herbe, mâchonnements, appétit réduit ou augmenté, mise en position antalgique type « du prieur »…).

  • Un historique alimentaire complet : il est indispensable d’obtenir le maximum d’informations, ce qui inclut tous les aliments, friandises et ajouts donnés ou déjà testés, leurs quantités ainsi que les modalités pratiques de préparation et de distribution des repas (nombre de repas par jour, conservation des aliments, mode de cuisson des éventuels ingrédients frais…).

 

Points clés

  1. L’évaluation nutritionnelle fait partie des 5 paramètres vitaux à contrôler chez tous les patients, malades comme en bonne santé.
  2. Un poids stable et optimal ne garantit pas que tous les besoins nutritionnels de l’animal sont bien couverts.
  3. La découverte d’un ou plusieurs éléments anormaux ou à risque lors de l’évaluation nutritionnelle justifie un ajustement de l’alimentation.

 

L’évaluation nutritionnelle s’appuie sur des éléments qui peuvent refléter les capacités digestives individuelles de l’animal et la qualité de l’alimentation (composition, digestibilité). Si au moins un élément anormal ou à risque est identifié lors de cette évaluation nutritionnelle, cela peut traduire l’absence de couverture de tous les besoins nutritionnels de l’animal (incluant 40 nutriments), et ce, même si son poids est stable et optimal. Son alimentation devra être revue et adaptée en conséquence : à vous de jouer !

Déclaration de conflit d'intérêt

L’autrice déclare ne présenter aucun conflit d’intérêt qui pourraient influencer ou biaiser de manière inappropriée le contenu de l'article.

Bibliographie

Mise en ligne le : 6 mai 2024

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