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Les études vétérinaires et le sport : juste une question d’activité physique ?

Crédit photo @ LIGHTFIELD STUDIOS - stock.adobe.com

Les études et le sport, c’est parfois une histoire d’amour, parfois pas. Certains d’entre nous ont toujours pratiqué une activité physique, pour le loisir, pour entretenir leur passion. D’autres en revanche, n’ont jamais eu, ou ont perdu en grandissant, une part de l’attachement qu’ils vouaient au sport. En effet, nous n’avons pas tous gardé d’excellents souvenirs des cours d’EPS imposés au collège puis au lycée. Course d’endurance, volley, rugby..., tellement de sports différents, dont le but était sûrement de créer des vocations chez autant de personnalités que possibles, mais parfois sans succès.

Seulement, le temps passe et un jour nos capacités physiques n’ont plus à être évaluées. C’est la fin du sport obligatoire, le début d’une certaine liberté. Ainsi, certains continueront de pratiquer à volonté leur sport-passion, quand d’autres se laisseront l’opportunité de trouver le leur par la suite, ou simplement d'investir leur temps dans autre chose. Surtout que du temps, quand on est étudiant vétérinaire, on en a peu, il est précieux.

Car avec les cours, les TD, les examens, les périodes de cliniques, nos plannings sont déjà bien remplis, et nos têtes aussi. D’informations comme de préoccupations.
Les semaines s’enchaînent, parfois sans réelle pause, et peu à peu la fatigue s’accumule, apportant avec elle de nouveaux problèmes. On se rend alors compte que le corps suit moins bien le rythme, et le mental aussi. Puis on repense au sport, et on se dit que " se vider un peu la tête ", là, maintenant, ça pourrait nous faire du bien. Lâcher prise, enfin. Et si on vous montrait que reprendre une activité physique pourrait justement vous permettre de retrouver un peu de paix, le souffle qui vous manque en ce moment ?

 


Se rendre compte que le sport est un besoin

L’apprentissage du métier de vétérinaire est long et fastidieux, oui. Acquérir sa place à l’école, ce n’est finalement que la première étape du parcours, car une fois sur les bancs des amphithéâtres vous attend une charge de travail conséquente. Et la cadence est à tenir sur le long terme, seulement, et à cause de multiples facteurs, cela ne se fait pas toujours sereinement.

Mais nous ne sommes pas les seuls. C’est un fait, les études ne sont faciles à vivre pour personne, car elles s’accompagnent d’un stress important. C’est ce que décrit notamment une étude Allemande[1] menée sur des étudiants à l’université, tout sexes confondus : 100 % des interrogés avouaient ressentir du stress et 42% présentaient de hauts niveaux d’anxiété. Le stress est quelque chose d’omniprésent dans notre vie de jeunes adultes. Il est dû non seulement aux études, mais aussi à tout le reste, tout ce qui fait notre charge mentale : les finances, la santé, les relations sociales, amoureuses, familiales...

Il est établi que la population étudiant est à risque vis-à-vis de troubles comme la dépression ou le Burn Out[2]. En cause, les grands changements d’environnement et de responsabilités auxquels nous faisons face, mais aussi, et surtout, notre mode de vie : entre 45 et 57h de travail par semaine et entre 7 et 11h par jour passés assis (ou debout si l’enseignement est pratique). Non, la sédentarité n’arrange rien à notre charge émotionnelle, et surtout elle n’arrange rien à notre santé. En effet, le manque d’activité physique est un réel problème pour l’OMS[3], qui montre dans ses études que plus de 80% des adolescents du monde ne bougent pas assez au quotidien. Une tendance qui se poursuit à l’âge adulte et qui entraine le risque de développer entre autres des maladies cardiaques, un cancer et du diabète de type 2.

Mais, si au lieu de parler des méfaits de la sédentarité, on parlait des bienfaits que peut nous apporter la pratique d’une activité physique ? Et si on commençait à parler de prendre soin de soi ? Car notre environnement est peut-être stressant, notre charge de travail lourde, mais nous pouvons malgré tout améliorer cela en œuvrant pour notre propre bien-être. Et quand notre mental va mieux, tout semble un peu plus léger. On entre peu à peu dans un cercle vertueux, dans lequel parfois quelques minutes de sport suffisent à se sentir mieux.

Échapper à sa routine et surtout à l’emprise du stress

Oui, le sport a énormément de bienfaits. Il a notamment été prouvé[2] que la pratique d’une activité physique régulière chez les étudiants améliorait leur bien-être et leur qualité de vie physique et psychologique. Améliorer le bien-être général, voilà le maître mot de l’OMS[4] quand elle nous recommande de limiter notre sédentarité. Alors qu’attendons-nous aujourd’hui pour recommencer à bouger, respirer, vibrer ?

Réduire l’anxiété et améliorer la réflexion et l’apprentissage, voilà ce que nous, étudiants, pouvons notamment chercher dans le sport. Et là, la porte est grande ouverte ! Combien de clubs sportifs comptez-vous dans votre école ? Basket, course, judo, fitness, aviron, danse ou encore équitation... La liste est longue et c’est une réelle chance que de pouvoir choisir parmi tant d’opportunités : vous pouvez trouver ce qui vous convient réellement. Sport de ballon, renforcement musculaire ou arts martiaux, en équipe ou en solo, en intérieur ou en extérieur, chacun peut trouver le sport qui correspond à ses attentes, son tempérament et ses besoins, y compris à moindre coût.

En effet, chaque sport peut vous aider à construire un mode de vie plus sain, à sa manière. On peut d’ailleurs en pratiquer plusieurs, pour tirer des bénéfices dans chacun en fonction de la période et de notre charge émotionnelle. Par exemple, si l’on est sujet au stress et à l’anxiété, des exercices d’intensité modérée peuvent aider à penser à autre chose, mais on peut aussi remettre entièrement son mental à plat grâce à des disciplines impliquant le corps et l’esprit comme le Tai-chi ou le Yoga (le Raja yoga notamment). En effet, il a été montré[2] que, chez les étudiants, une seule séance de Yoga suffisait à faciliter le traitement des émotions et procurait un réel apaisement. Sa pratique régulière serait alors un réel atout pour préserver son mental, en plus d’améliorer l’équilibre et la souplesse.

D’autres pratiques sont conçues pour nous permettre de nous dépenser, et peuvent aider à trouver le sommeil. Les sports d’équipes permettent de créer des liens, et d’apprendre à trouver sa place dans un groupe. Le renforcement musculaire, du dos tout particulièrement, est un indispensable pour de futurs praticiens qui sont donc amenés à passer leurs journées debout, car les douleurs lombaires constituent un grand problème dans la profession : pensez au pilate et à la natation, ça vous sauvera peut-être plus tard ! Les arts martiaux, eux, peuvent beaucoup vous apporter au niveau de la pensée, de la concentration et de la relation à soi et à l’autre.

De plus, tous les sports peuvent aider à développer votre ténacité, une qualité ô combien précieuse pour des étudiants qui doivent tenir dans la durée. Vous l’aurez donc compris, on a tout à gagner à dévouer une partie de son temps à une activité physique. Et pas besoin de courir quotidiennement 40 km pour commencer à ressentir les vertus du sport : 20 minutes par jour d’une activité physique d’intensité modérée suffisent (au minimum 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine exactement). Quand on y réfléchit, 20 min ce n’est pas si dur à trouver. Au début, on peut parfois penser que le temps investi dans une activité physique, c'est du temps perdu. On se dit toujours qu’avec autant de cours, on n'aura jamais le temps de tout faire et que du temps, justement, on en manque. Mais en réalité c’est tout le contraire, car la qualité de sommeil et l’allègement mental que vous apportera cette nouvelle pratique vous feront gagner du temps, sur vos études et dans votre vie de tous les jours.


Finalement, maintenir une activité physique pendant ses études est plus que conseillé, et surtout bien plus qu’un simple moyen de dépenser de l’énergie. Voyez dans le sport un moyen de vous libérer de vous soucis, de vous vider la tête, et visez avant tout l’amélioration de votre bien-être. Personne ne vous demande de devenir le plus grand haltérophile de la planète, prenez simplement le temps de sortir des cours, des bancs des amphis : marchez une partie du trajet en rentrant chez vous, la musique dans les oreilles, sortez avec des amis faire une ballade en rollers, achetez-vous une corde à sauter, faites quelques exercices de respiration avant de présenter votre exposé. Ce sont de petites habitudes à prendre, mais qui vous feront assurément du bien, aujourd’hui, demain, et dans vingt ans encore.

 

Flore Torsy,
Étudiante vétérinaire à l'ENVT

 

Ressources documentaires et bibliographiques :

[1] C. Herbert, F. Meixner, C. Wiebking, V. Gilg. Regular Physical Activity, Short-Term Exercise, Mental Health, and Well-Being Among University Students : The Results of an Online and a Laboratory Study, Publié dans la revue scientifique Frontiers in psychology, oct. 2020, page 11, vol. 509, [En ligne]. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7264390/ [Dernière consultation le : 22 juillet 2022] ;

[2] C. Herbert. Enhancing Mental Health, Well-Being and Active Lifestyles of University Students by Means of Physical Activity and Exercise Research Programs, Publié dans la revue scientifique Frontiers in public health, 2022, page 10, vol. 849093. [En ligne]. Entièrement disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9082407/ [Dernière consultation le : 22 juillet 2022] ;

[3] Organisation Mondiale de la Santé. Communiqué de presse : D’après une nouvelle étude dirigée par l’OMS, la majorité des adolescents du monde ne sont pas assez actifs physiquement, ce qui met en danger leur santé actuelle et future, 2019, [En ligne]. Disponible sur : https://www.who.int/fr/news/item/22-11-2019-new-who-led-study-says-majority-of-adolescents-worldwide-are-not-sufficiently-physically-active-putting-their-current-and-future-health-at-risk [Dernière consultation le : 22 juillet 2022] ;

[4] Organisation Mondiale de la Santé, Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité, 2020, [En ligne]. Disponible sur : https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/337003/9789240014862-fre.pdf [Dernière consultation le : 25 juillet 2022] ;

[5] A. Morris. Exercise and psychological well being, [En ligne]. Disponible sur : https://believeperform.com/exercise-and-psychological-well-being/ [Dernière consultation le : 26 juillet 2022].

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