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ASV : 6 clés pour demander une revalorisation salariale de façon efficace

Crédit photo @ Dilok Klaisataporn - shutterstock.com

En tant qu’auxiliaire vétérinaire, les évolutions salariales paraissent souvent complexes, rythmées uniquement par l’ancienneté ou par la revalorisation de la valeur du point et donc des grilles salariales prévues par la convention collective.

Pourtant, il est possible — et légitime — de demander une revalorisation salariale en dehors de ces cadres. Prise de responsabilités, évolution du poste, montée en compétences ou investissement important : autant de situations qui peuvent justifier une augmentation de salaire.

Encore faut-il savoir quand et comment aborder la discussion.


Demander une augmentation est un sujet délicat pour de nombreux ASV. Peur de déranger, de paraître exigeant ou de mettre en péril une bonne relation avec son équipe ou son employeur… Pourtant, éviter, voire refuser d’en parler, c’est parfois accepter une situation qui ne reflète plus la réalité de son travail, ce qui peut devenir une source de frustrations.

Dans un métier exigeant, polyvalent et en constante évolution, savoir défendre sa valeur professionnelle est une compétence à part entière.

1. Comprendre ce qui est automatique et ce qui ne l’est pas

Dans la profession ASV, certaines augmentations sont encadrées par la convention collective et le droit du travail : évolution annuelle de la valeur du point, progression liée à l’ancienneté ou à un changement d’échelon. Ces mécanismes de revalorisation sont automatiques et ne nécessitent, en principe, aucune démarche particulière de la part du salarié.

En revanche, ils ne prennent pas toujours en compte la réalité du terrain : nouvelles missions, montée en compétences, responsabilités supplémentaires, augmentation de la charge de travail ou implication dans le fonctionnement de la structure. Ces éléments, eux, ne sont pas nécessairement valorisés automatiquement et peuvent faire l’objet d’une discussion dédiée.

2. Connaître les situations légitimes dans lesquelles demander une augmentation

Contrairement aux idées reçues, une demande de revalorisation salariale ne se limite pas à un changement de poste officiel. Elle peut être justifiée dans plusieurs situations :

  • prise de responsabilités supplémentaires (gestion des stocks, référent hygiène, formation des nouveaux arrivants, organisation du planning, communication, E-ASV…) ;

  • évolution factuelle du poste par rapport à la fiche de poste initiale ;

  • acquisition de nouvelles compétences (formation complémentaire, spécialisation, prise d’autonomie…) ;

  • augmentation durable de la charge de travail ;

  • ancienneté significative sans réévaluation récente ;

  • comparaison avec le marché de l’emploi ou avec des postes similaires.

La mise à jour ou l’adaptation de la fiche de poste constitue d’ailleurs un moment particulièrement pertinent pour aborder la question d’une revalorisation salariale, lorsqu’elle n’a pas été spontanément évoquée.

Notez que même en l’absence de changement formel, une évolution progressive du rôle peut légitimement justifier une demande.

3. Choisir le bon moment pour parler d’augmentation de salaire

Le timing est essentiel. Certains moments sont plus favorables que d’autres :

  • lors de moments institutionnels comme l'entretien annuel ;

  • lors de période de stabilité de la structure (éviter les périodes de crise, de surcharge ou de tensions internes) ;

  • après un projet mené à bien ou une mission réussie ;

  • lors d’une évolution organisationnelle ou lorsqu’un besoin accru de responsabilités apparaît.

Il est généralement préférable d’éviter une demande à chaud ou improvisée. Anticiper, demander un rendez-vous dédié et prévenir du sujet à l’avance permet un échange plus constructif.

4. Préparer sa demande de revalorisation salariale : un point clé de la démarche

Une demande d’augmentation ne s’improvise pas ! Il est important de préparer des arguments factuels et professionnels :

  • lister ses missions actuelles et leur évolution ;

  • identifier ce qui dépasse le cadre initial du poste ;

  • mettre en avant des exemples concrets de valeur ajoutée pour la structure ;

  • chiffrer, lorsque c’est possible, l’impact de son travail (gain de temps, meilleure organisation, satisfaction client, qualité et continuité des soins).

L’objectif n’est pas de se justifier, mais de démontrer la cohérence entre le poste occupé et la rémunération demandée.

Faut-il chiffrer sa demande de revalorisation salariale ?

Il n’est pas indispensable d’arriver avec un montant figé, mais il peut être intéressant d’avoir en tête un ordre de grandeur de l’augmentation attendue. Cela montre que la demande est réfléchie, fondée sur des éléments concrets, et facilite un échange professionnel.

Pour se repérer, il est possible de s’appuyer sur des indicateurs existants, notamment ceux liés à l’ancienneté, dont les paliers de revalorisation prévus par la convention collective sont généralement de 5 %.

Ces pourcentages ne constituent pas des niveaux d’augmentation automatiques à demander, mais des repères factuels indicatifs, à mettre en perspective avec l’évolution réelle du poste, des missions et des responsabilités.

Lorsque la revalorisation est liée à une évolution du poste (nouvelles missions, rôle de référent, montée en compétences), les pratiques observées, tous secteurs confondus, se situent le plus souvent dans une fourchette de quelques pourcents à une dizaine de pourcents, selon l’ampleur des changements.

Enfin, lorsqu’une augmentation du temps de travail est envisagée, la réflexion ne se limite pas au simple calcul des heures ajoutées au contrat. Ce changement peut aussi avoir des répercussions sur l’organisation du quotidien, le temps personnel ou familial (garde d’enfants, équilibre de vie…). Dans ce contexte, il peut être légitime d’aborder une revalorisation qui prenne en compte l’ensemble de ces impacts, au-delà du strict prorata horaire.

L’objectif n’est pas d’imposer un chiffre, mais de pouvoir tenir une discussion argumentée, réaliste et cohérente avec la réalité du poste occupé. À noter que, lors de l’échange, ce n’est pas nécessairement à l’ASV de proposer un montant. En revanche, il est possible que l’employeur pose la question : s’y être préparée reste alors un véritable atout.

5. Formuler sa demande sans se mettre en difficulté

La manière de présenter la demande est aussi importante que le fond. Il est conseillé d’adopter une posture professionnelle, calme et ouverte au dialogue.

Plutôt que de s’opposer ou de se comparer, il est préférable de parler de son parcours, de son évolution et de ses perspectives au sein de la structure. Poser la question en termes de reconnaissance de son rôle et de projection future permet d’éviter le rapport de force.

La fatigue, la frustration ou le stress peuvent parfois conduire à envisager une demande sous forme d’ultimatum, du type « de toute façon, si vous refusez, je pars ». Il est toutefois important de noter que cette stratégie est rarement efficace. Un employeur qui perçoit son salarié comme déjà démotivé ou sur le départ sera généralement moins enclin à engager une discussion constructive sur une revalorisation salariale, cette posture pouvant être vécue comme une rupture de la relation de confiance.

Il est également utile d’être prêt à entendre un refus temporaire, une négociation ou une proposition alternative (prime, évolution progressive, formation, réévaluation…).

6. Rebondir si la réponse est négative

Un refus n’est pas forcément définitif. Il peut être l’occasion de demander des objectifs clairs, un calendrier de réévaluation ou des critères précis pour une future augmentation.

En revanche, un refus répété, sans justification, sans perspective ou sans reconnaissance peut légitimement amener à s’interroger sur l’adéquation entre son investissement et la structure… Dans ce cas, réfléchir à son évolution professionnelle fait pleinement partie d’une démarche responsable.


Demander une revalorisation salariale quand on est ASV est une démarche légitime, à condition d’être préparée, argumentée et menée avec professionnalisme. Dans un métier où l’engagement est fort et les responsabilités croissantes, savoir défendre sa valeur est un levier essentiel pour construire une carrière durable et épanouissante.

 

Juliette Garnodier
Vétérinaire & rédactrice de contenu

 

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