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Étudiants véto, voyagez ou vous n’obtiendrez pas votre diplôme de vétérinaire !

Crédit photo @ Giordano Aita - stock.adobe.com
Ce n’est une surprise pour personne, la formation des vétérinaires évolue continuellement et particulièrement la formation initiale en ENV. Les rencontres entre praticiens et étudiants se ponctuent de surprises notamment quand on compare leur parcours universitaire… La mobilité internationale, en particulier, en interroge plus d’un tant c’est une nouveauté dans notre apprentissage médical et pourtant c’est monnaie courante dans les autres filières d’enseignements que de proposer une partie des études à l’étranger. Si c’est une réforme à laquelle vous n’avez pas eu droit, venez donc découvrir cette nouvelle manière d’apprendre des minis vétos !

Tous ne l’ont pas vécu, tous ne la vivront peut-être pas… Ce qui est sûr, c’est que les étudiants actuels se souviendront de leur mobilité internationale ! Leur quoi ? La mo-bi-li-té ! Elle a fait son apparition en école vétérinaire ces dernières années, c’est le grand saut loin du nid familial et scolaire, le départ à l’étranger temporaire indispensable pour valider son diplôme de docteur vétérinaire en France.

La mobilité internationale, kesako ?

Reprenons depuis le début : au cours de leur cursus, et peu importe leur école, les étudiants vétérinaires français se doivent de partir à l’étranger, pour une durée de minimum 4 à 13 semaines et maximum de 1 an, dans le cadre de ce que l’on appelle la mobilité internationale. Les possibilités sont infinies quant à ce qu’ils doivent faire de ce temps loin de la maison, du moment que ça touche au monde vétérinaire évidemment ! Depuis l’arrêté du 20 avril 2007 relatif aux études vétérinaires, la mobilité internationale est obligatoire au regard de la loi pour obtenir son diplôme de Docteur en médecine vétérinaire. Les étudiants sont responsables à 100% de la bonne réalisation de leur mobilité. Ils sont informés dès leur admission en école et sont tenus de l’achever avant la fin de leur dernière année d’études.

La majorité des étudiants se dirigent vers des stages en clientèle ou un job d’ASV et peuvent donc littéralement partir dans n’importe quel pays !

L’alternative la plus probable est celle d’un échange scolaire au niveau européen avec Erasmus notamment. Il est donc possible pour un étudiant de partir en Angleterre, Espagne, Roumanie, Grèce, Autriche, Finlande et j’en passe, mais aussi sur d’autres continents grâce à des ententes spécifiques entre chaque Env et leurs universités partenaires. Par exemple, les 4 écoles participent au programme ARFAGRI et BRAFAGRI respectivement en Argentine et au Brésil, permettant l’échange d’étudiants français et sud-américains depuis plusieurs années. Ces programmes sont par ailleurs financés en partie par le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire. Certaines écoles soutiennent aussi des projets auxquels les étudiants peuvent participer, tels que l’EnvT avec YEDODE " YEDOro tena DEhininet " pour le renforcement de la sécurité sanitaire dans la filière volailles en Ethiopie.

Les plus rêveurs se dirigent vers des missions humanitaires ou de volontariat, souvent au sein de réserves, refuges ou sanctuaires animaliers.

Enfin, d’autres étudiants ambitieux peuvent aussi se lancer dans l’obtention d’un double diplôme, comme à VetAgroSup par exemple, où ils suivent 2 à 3 semestres à l’étranger dans un établissement partenaire.

Mais à quoi ça sert ?

La mobilité internationale n’a pas été créée pour rien, elle permet aux futurs praticiens de s’ouvrir à de nouvelles méthodes de travail. En effet, chaque pays a son propre fonctionnement, et cela peut parfois être déroutant ! Par exemple, contrairement à la France - où nos chères ASV ne sont pas autorisés à réaliser de nombreux actes pourtant simples - ils sont la pierre angulaire de la consultation au Canada, où le vétérinaire n’intervient finalement que pour confirmer le diagnostic.

Les cours et matières sont aussi organisées différemment, déjà entre nos 4 écoles alors imaginez à travers le monde ! Difficulté à laquelle, les étudiants se confrontent lors du choix de leurs modules d’enseignement à l’étranger.

Les étudiants peuvent aussi en profiter pour s’entrainer aux actes vétos et développer de nouvelles compétences. Le fait de travailler plus d’un mois sous la responsabilité d’un vétérinaire permet de créer un lien de confiance, les maîtres de stages laissent ainsi beaucoup plus d’opportunités aux stagiaires de s’entrainer tout en étant guidés.

De plus, n’oublions pas l’opportunité d’apprendre ou de perfectionner une nouvelle langue, qualité qui est de plus en plus valorisée de nos jours : rien ne sert d’être bon si on ne peut le partager au monde !

C’est aussi une bonne occasion pour les étudiants de resserrer leurs liens, car bien que courageux, les étudiants préfèrent partir à deux ou plus pour cette expérience. Ce voyage original est indéniablement gravé dans la mémoire des étudiants vétérinaires qui l’ont vécu, tant les expériences vécues sont uniques.

Enfin, last but not least, la mobilité internationale permet surtout aux étudiants de gagner en autonomie. Ils se doivent d’organiser seuls leur voyage de A à Z, de partir seuls (sans papa maman en tous cas) dans un pays qu’ils ne connaissent souvent pas du tout, s’y débrouiller pendant plusieurs semaines, et surtout y travailler presque pour de vrai ! L’étudiant se retrouve face à de nouvelles questions : quel prix je suis prêt à mettre ? Quel sera mon impact environnemental avec ce voyage ? Est-ce cohérent avec mon projet professionnel ? Quel est le statut sanitaire et sécuritaire du pays dans lequel je me rends ? Ai-je besoin de vaccins ? Suis-je assuré ? Ai-je besoin d’un VISA ? Où serais-je logé ? Comment vais-je me nourrir ?

En pratique, comment ça se passe ?

Il s’agit tout d’abord de choisir quel type de mobilité on souhaite réaliser. Un stage sera plutôt à prévoir pendant l’été, alors qu’un échange implique un départ sur une période scolaire.

Les pages d’informations sur les intranets des écoles contiennent tous les détails nécessaires pour choisir au mieux l’université d’échange dans laquelle on aimerait se rendre. Certains échanges ne sont possibles qu’en dernière année par exemple, alors que d’autres le seront avant mais dans la langue locale : difficile de suivre un cours d’anatomie en Allemand quand vous avez fait LV2 italien au lycée… Après s’être assuré que l’on réunit tous les critères, il faut déposer une candidature dans les délais imposés puis prier très fort : les places sont évidemment limitées !

Concernant les stages, le bouche à oreille est un bon moyen de trouver un organisme qui accepte les étudiants vétérinaires français, et qui a déjà été validé par l’école ! En effet, il est nécessaire de passer par tout un processus de demande d’autorisation auprès des directions des études et des tuteurs afin de notamment s’assurer de la sécurité sur place, ainsi que la pertinence de la mobilité choisie.

La mobilité représente parfois aussi un coût conséquent : alors qu’un stagiaire en Belgique ne paiera que ses billets de train et sa location sur place, l’étudiant qui choisit le volontariat devra payer l’association pour partir (parfois plus de 3 000€) en plus de ses billets d’avion. Étant donné le coût éventuellement important de cette formation un peu spéciale, des aides financières ont été mises en place par différents acteurs (région, ville, association d’anciens élèves…) et selon différents critères, de motivation par exemple.


Le spectre des opportunités est donc très étendu en ce qui concerne la mobilité internationale chez les étudiants vétérinaires. Devenue obligatoire pour les 4 écoles, c’est un bon moyen de se former d’une manière nouvelle, découvrir de nouvelles perspectives d’avenir et affiner son projet professionnel. Il s’agit pour beaucoup de l’expérience d’une vie, une occasion de réaliser un projet, un voyage qui n’aurait peut-être jamais vu le jour autrement. Ce serait vous mentir que dire qu’il n’existe pas d’exception mais il s’agit sans aucun doute d’une expérience enrichissante à tous points de vue et les futurs vétérinaires en ressortent toujours grandis d’une manière ou d’une autre.

 

Lila Bigot,
Étudiante vétérinaire à l'EnvA

 

Ressources documentaires et bibliographiques :

[1] École nationale vétérinaire d’Alfort. Échanges internationaux, [En ligne]. Disponible sur : https://www.vet-alfort.fr/formation/echanges-internationaux/presentation-et-partenaires [Consulté le : 17 Novembre 2023] ;

[2] École nationale vétérinaire de Lyon. Stratégie internationale, [En ligne]. Disponible sur : https://www.vetagro-sup.fr/international/ [Consulté le : 17 Novembre 2023] ;

[3] École nationale vétérinaire de Toulouse. Une école ouverte sur le monde, [En ligne]. Disponible sur : https://envt.fr/international/ [Consulté le : 17 Novembre 2023] ;

[4] École nationale vétérinaire de Nantes. Mobilité internationale, [En ligne]. Disponible sur : https://www.oniris-nantes.fr/international/mobilite-internationale [Consulté le : 17 Novembre 2023] ;

[5] Légifrance. Arrêté du 20 avril 2007 relatif aux études vétérinaires, [En ligne]. Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000277175 [Consulté le : 17 Novembre 2023] ;

 

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